Le CERN et Mistral visent une IA de physique

Le CERN et Mistral signent une déclaration d’intention ; les agents IA de Google pilotent des robots de labo ; un robot à boutures.

Laboratory liquid-handling robot with pipette heads over 96-well plates

L’IA sort de l’écran. Le CERN et Mistral AI veulent un modèle de fondation pour la physique des collisionneurs, Google montre des agents IA qui confient leurs expériences à de vrais robots, et une machine néerlandaise plante seule des boutures. Avec aussi les outils de recherche de DeepSeek pour agents et des agents qui raisonnent sans tout écrire.

1. Le CERN et Mistral visent une IA de physique

Le 15 octobre, le CERN et la société française Mistral AI ont signé une déclaration d’intention pour un partenariat de long terme. Premier objectif : un « Large Physics Model », que le CERN présente comme le premier modèle de fondation pour la physique des collisionneurs, entraîné sur des milliards de collisions proton-proton simulées du LHC. Il pourrait reconstruire les collisions, identifier les particules et signaler des signaux inattendus.

Le tunnel du LHC au CERN
Le tunnel du LHC au CERN. Photo : Maximilien Brice, CERN / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

Ce n’est encore qu’un projet, pas un outil en service. La même semaine, Mistral a publié Timestral, des modèles de prévision de 5 à 209 millions de paramètres ; selon Mistral, le plus grand arrive premier sur GIFT-Eval, TIME et fev-bench, des résultats annoncés par l’entreprise elle-même.

2. Les agents IA de Google pilotent de vrais robots

Le 16 octobre, Google Research a présenté VERID (VERified Infrastructure for Discovery Laboratories), un jumeau numérique d’un poste de laboratoire bâti sur le logiciel libre PyLabRobot. Il suit le bras robotisé, le liquide de chaque puits, les réactifs et les cônes de pipette restants. Un agent IA y teste d’abord un protocole, et des contrôles bloquent les commandes impossibles pour le matériel.

Illustration : un robot de pipetage (pas VERID)
Illustration : un robot de pipetage (pas VERID). Photo : NIAID / Wikimedia Commons, domaine public

Les résultats sont concrets : pour des aptamères visant l’alpha-thrombine, le taux de réussite est passé de 0 % à 26,0 % puis 42,1 % en trois cycles. Un flux de conception de protéines a produit des liants d’affinité nanomolaire à un chiffre contre FAP, une protéine surexprimée dans de nombreuses tumeurs solides.

La réserve : c’est un prototype de recherche, sans relecture par les pairs, et des humains valident chaque séquence, vérifient les protocoles et supervisent les robots.

▶ Voir la vidéo VERID de Google dans l'article d'origine

3. Un robot néerlandais plante jusqu’à 3 000 boutures par heure

L’entreprise néerlandaise TTA-ISO a présenté la CuttingPlanter 2.0 en juillet 2026 : pas une actualité du jour, mais la même tendance. Le logiciel CuttingVision examine les boutures sur un large tapis et choisit celles prêtes à planter. Une pince électrique inclinable les plante à profondeur constante ; les boutures manquées repassent.

Illustration : boutures enracinées en plateaux
Illustration : boutures enracinées en plateaux. Photo : peganum / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0

TTA-ISO annonce jusqu’à 3 000 boutures par heure. C’est le maximum du fabricant, pas une mesure indépendante, et la cadence réelle dépend de la culture. Dans beaucoup de serres, le bouturage se fait encore à la main.

▶ Voir la CuttingPlanter 2.0 en action (TTA-ISO) · LinkedIn

4. DeepSeek ouvre la recherche web aux agents IA

Le 19 octobre, DeepSeek a lancé deux API, Search et Fetch, qui permettent aux agents IA de chercher sur le web et de lire des pages via DeepSeek. Selon TechNode, 1 000 requêtes réussies coûtent 5 yuans (environ 0,70 dollar) ; échecs, résultats vides et délais dépassés ne sont pas facturés.

Deux jours plus tôt, DeepSeek a mis à jour son modèle en V4.1 Flash-1017, meilleur en raisonnement, code et tâches d’agent selon l’entreprise. Les poids sont sur Hugging Face sous licence MIT. Les gains sont ceux annoncés par DeepSeek.

5. Des agents IA qui raisonnent sans mots

Une prépublication sur arXiv, « Hybrid Reasoning Agents » de Jiaru Zou, James Zou et leurs coauteurs, fait raisonner l’agent sous une forme interne cachée et ne lui fait écrire que ses actions. Les auteurs annoncent 35,5 à 54,7 % de tokens de sortie en moins et une inférence 1,8 à 2,6 fois plus rapide. C’était l’un des articles les plus discutés sur Hacker News le 19 octobre.

Ce sont les chiffres des auteurs, sans relecture par les pairs. Mais l’idée compte : des agents moins chers et plus rapides rendent praticables les robots et laboratoires décrits plus haut.

Aussi sur Hacker News aujourd’hui

Linux 7.3 est sorti, une version record avec 18 765 commits de 3 021 développeurs. Construction Physics se demande ce qu’il faut vraiment pour entraîner un robot. Et 3Blue1Brown estime qu’il n’y a jamais eu de meilleur moment pour étudier les maths :

Sources

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